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Agriculture bio

Pénurie de paille de céréales : quels autres végétaux pour votre litière ?

par Nadège GODFROY

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Les récoltes de paille 2020 ont été globalement décevantes. Certains éleveurs risquent de se retrouver en déficit de paille. L’équilibre de l’offre et de la demande est tel que la paille se négocie à des tarifs déraisonnables pour un usage litière, même en agriculture conventionnelle. Dans cet article, nous aborderons les litières à base de produits végétaux, pour des alternatives qui s’apparentent le plus aux pailles de céréales classiques.

La paille de colza ou de maïs

La paille de colza présente un plus fort taux de matière sèche que la paille de maïs. Elle est également plus drainante, ce qui en fait un matériau moins absorbant qu’une paille de céréales. Pour les vaches en lactation, il est préférable de combiner cette solution avec un autre produit. En revanche, cela peut suffire pour les autres catégories d’animaux.

 

Le miscanthus

Le miscanthus (ou herbe à éléphant) est une plante herbacée à croissance très rapide récoltée à un taux de matière sèche avoisinant les 85 %. Ensilé, le miscanthus peut servir de paillage pour les animaux.

 

Le miscanthus s’épand simplement au godet, sur une vingtaine de centimètres d’épaisseur. Côté entretien, l’idéal est de remuer la litière quotidiennement avec un outil à dents type canadien et d’interdire aux animaux d’y retourner pendant plusieurs heures, le temps que l’humidité de la litière s’évapore (à faire pendant la traite ou l’alimentation).

 

Avantages

Inconvénients

Très fort pouvoir absorbant : litière saine et inodore

Densité faible (pour une aire paillée de 1300 m2, compter 30 T de miscanthus = 3 camions de 90 m3) : nécessité d’avoir la capacité de stocker entre deux livraisons

Réduction de la fréquence de curage (tous les 2 à 3 mois en hiver) = gain de temps

Coût : 120 €/T dans le commerce, 60 €/T en direct des agriculteurs producteurs

S’épand sans compostage préalable (n’acidifie pas les sols)

 

Peut être produit sur l’exploitation

Réduction des volumes d’effluents à épandre = gain de temps et de fiou

 

La balle de riz

La balle de riz est un sous-produit issu du décorticage du riz : c’est l’enveloppe du grain de riz. Il est préconisé d’épandre une couche d’une vingtaine de centimètres dans un premier temps. Compter 15 €/m3, soit 125 €/T.

 

Avantages

Inconvénients

Imputrescible et inattaquable par les insectes

Disponibilité

Bon pouvoir d’absorption

Volatilité

Réduction des apports de paille par 2

 

 

 

Les anas de lin

Les anas de lin, également connus sous le nom de paille de lin, sont des sous-produits de la culture du lin. Après récolte du lin, les fibres sont séparées des tiges. La fibre part dans l’industrie textile, tandis que la tige, broyée en fragments de 2-3 cm peut servir de litière. Ce sont les anas. Ils ont un fort pouvoir absorbant (jusqu’à 12 fois plus que la paille) et conviennent à tous les systèmes, lisier ou fumier. En logettes, compter de 200 à 800 g d’anas par logette et par jour pour des logettes avec matelas. Dans ce cas-là, les anas servent d’asséchants. Les anas se décomposent bien et leur pH neutre limite des problèmes d’acidification des sols. Le prix est d’environ 250 €/T.

 

La poudre de chanvre 

La poudre de chanvre est un sous-produit industriel. Après triage, la fibre de chanvre donne de la chènevotte (la fibre qui sera valorisée) et de la poudre. La poudre de chanvre peut remplacer complètement la paille. Pour cela, il suffit de faire un premier matelas d’une quinzaine de centimètres d’épaisseur et d’ajouter quotidiennement de la poudre sur les parties souillées. La poudre peut également être utilisée en complément de paille, en alternant les couches.

 

Avantages

Inconvénients

Très fort pouvoir d’absorption (3 fois plus que la paille)

Volatilité : encrassage rapide des filtres des engins, nécessite d’éloigner les animaux (bloqués aux cornadis par exemple) lors de l’épandage en intérieur

Coût comparable à de la paille (60 €/T) mais deux fois moins de poudre utilisée

 

Un point non abordé dans cet article, mais qui reste la base : le type de logement. Il est indéniable que le type de bâtiment influe sur la quantité de paille nécessaire. En effet, les consommations de paille pour les litières peuvent varier quasiment du simple au double selon le logement en question. Dans le cadre de la construction d’un nouveau bâtiment ou de la rénovation d’un bâtiment ancien, il parait judicieux de se poser la question de l’approvisionnement en paille qui sera nécessaire selon les options de logements proposées : suis-je autonome en paille ? A quel tarif suis-je prêt à acheter de la paille ou d’autres matériaux de paillage ?

 

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